jeudi 27 mai 2010
La liberté d'expression ; un droit !
Billet écrit le jeudi 27 mai 2010 à 16:40 :: Matière à Réflexion
Lettre ouverte aux responsables d’éditions et aux journalistes qui
voudront bien l’accueillir
Objet : « Atteinte au droit et à la liberté d’expression »
Madame, Monsieur,
Je pratique l’aide aux personnes, et je m’exprime
publiquement en tant que conférencier et en tant qu’auteur de deux ouvrages de
bien-être depuis environ 15 années.
J’ai donné et je donne régulièrement des conférences en divers endroits de
Belgique et même en France.
J’étais attiré depuis quelques temps déjà à venir donner des conférences à Arlon où l’administration communale propose des salles à la location et entre autre, la salle Eugène Ysaye.
J’ai donc entrepris les démarches dans les règles qui m’ont
été proposées par l’administration. Il m’a été dit que « les dates retenues par
le secrétariat de l’école de musique seraient reconnues par le collège » ! Ont
été retenues les dates du 06/05 et du 03/06.
Je suis allé présenter ma 1° conférence « Evolution harmonieuse de soi et de l’entourage » le 06/05 sans qu’il n’en découle aucun trouble de l’ordre public ou de la moralité.
J’ai entrepris les démarches pour lancer la publicité sur
dizaine de sites internet, dans 5 ou 6 journaux et une amie a déposé quelques
affiches dans des endroits appropriés. J’ai aussi lancé ma seconde invitation en
mailing à une soixantaine d’adresses.
Le 20 mai, je reçois ce courrier sibyllin du collège communal d’Arlon !
« Le thème des conférences n’est pas admis au sein du collège » !
1) Le site de la commune et les communications téléphoniques ne font aucune mention de la notion « d’accord nécessaire sur le thème de la conférence ».
2) Pourquoi avoir attendu 20 jours pour me notifier cette décision, au-delà même de la date de la première conférence ?
3) Le thème de mes conférences n’a jamais été communiqué, ni à l’administration, ni au secrétariat de l’école.
4) Ce refus survient après avoir déjà donné la première conférence du 06/05, après avoir reçu les clés dudit secrétariat.
5) Comment va-t-on gérer la réalité de cette première conférence donnée mais en apparence illégale ? De quel droit un Collège pourrait-il me réclamer une location non validée et donc illégale ?
6) Il n’y a eu ni émeute, ni trouble de l’ordre, ni je
pense trouble de la morale. Les personnes présentes se réjouissaient de la
prochaine rencontre.
Mais surtout, je me pose les questions suivantes quant à la liberté d’expression dans cette commune. Qu’en est-il du droit à la libre expression de la parole et de la pensée tel qu’énoncé et protégé par :
- l’article 19 de la « Déclaration universelle des droits de l’homme »
- l’article 11 de la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 »
- l’article 10 de la « Convention européenne des droits de l’homme »
- la jurisprudence de la « Cour européenne des droits de l’homme » en date du 21/01/199, n° 29183/95
Les seules restrictions admises sont liées à l’aspect sécuritaire et/ou diffamatoire.
Qui suis-je en terme de dangerosité ou de trouble public pour être ainsi mis au banc du « non droit à l’expression » au nom de la « démocratie que doit représenter un Collège communal » ?
« La liberté
d'expression vaut non seulement pour les « informations » ou « idées »
accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais
aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent : ainsi le veulent le
pluralisme, la tolérance et l'esprit d'ouverture sans lesquels, il n'est pas de
« société démocratique ». » (Jurisprudence)
« Evolution harmonieuse de soi et de l’entourage » & « Le corps messager ! Le soigner et le comprendre » ne me semblent pas être des thèmes perturbateurs de l’ordre et de la morale.
Que suis-je et comment l’autorité communale considère-t-elle la population d’Arlon et de ses environs en terme « d’incapacité à se protéger de ce qui lui serait nuisible » au point que ce soit un Collège qui doive s’en charger sur je ne sais quels critères puisqu’ils ne m’ont même pas entendu.
Où se situe le respect de cette même population que je ne suis plus en mesure de prévenir de ce refus communal et qui va se déplacer sans pouvoir être accueillie et sans explication de ma part. Quel manque évident de respect de ma personne et de ce que je véhicule lorsque certaines personnes qui ne peuvent être prévenues de l’interdiction vont se faire leur idée sur « le manque de sérieux et de savoir vivre du conférencier » !
Je ne connais même pas la couleur politique de la ville, ce qui confère encore plus de poids à la notion « Droits de l’homme et de la liberté d’expression » pour laquelle je veux ici m’exprimer.
Voilà le descriptif de ce qui me semble assez grave dans la notion de la libre expression, dans le non respect de la personnalité, la mienne et mon image, dans le non respect des personnes qui ne pourront pas être prévenues et ce qu’elles pourront penser de cette situation.
Je vous préciserai encore que j’ai tenté d’entrer en contact avec des représentants de l’autorité, le Secrétaire communal et le Bourgmestre, ce dernier m’ayant renvoyé avec une fin de non recevoir transmis par sa secrétaire me stipulant que « le Bourgmestre n’a pas le temps et de toute façon, la décision a été prise et ne sera pas changée » ! (Communication téléphonique du vendredi 21 vers 09H40.
Je m’en remets à votre conscience quant à ce que peut encore représenter la liberté de l’expression individuelle même dans des situations aussi anodines.
D’autres conférenciers ou personnes voulant transmettre certaines pensées ou idées ou conceptions ou idéologies, doivent certainement s’être fait censurer sans même le savoir.
Qu’en sera-t-il un jour peut-être de la liberté de votre presse, elle qui pourrait être bien plus perturbante que ma seule personne, face à de tels états d’esprit ?
Je suis à votre disposition pour tout renseignement qu’il vous serait utile de recevoir.
Je vous remercie de votre bonne attention et vous adresses mes cordiales salutations.
Alain Fournier